Glossaire patrimonial

Glossaire — Succession & Transmission

Les termes clés de la transmission de patrimoine expliqués simplement, avec un exemple pour chacun.

Succession & Transmission

12 notions clés de la transmission de patrimoine et de la succession, expliquées en langage courant avec un exemple pour chacune. D’autres thématiques (épargne, immobilier, retraite…) complètent ce glossaire patrimonial.

Donation

Acte par lequel une personne (le donateur) transmet, de son vivant et sans contrepartie, la propriété d’un bien à une autre personne (le donataire). La donation peut porter sur une somme d’argent, un bien immobilier, des titres financiers ou tout autre bien.

ExempleÀ titre d’illustration, des parents donnent à leur enfant une somme d’argent pour l’aider à financer l’achat de sa résidence principale. Cette somme bénéficie d’un abattement fiscal propre au lien de parenté, dont le montant exact est fixé par la loi en vigueur au moment de la donation.

Abattement (succession / donation)

Montant déduit de la valeur du bien transmis avant application du barème des droits de succession ou de donation. Il varie selon le lien de parenté entre le défunt (ou le donateur) et le bénéficiaire, et est réévalué périodiquement par les lois de finances.

ExempleÀ titre d’illustration, un abattement plus élevé s’applique en ligne directe (parent à enfant) qu’entre un oncle et son neveu. Le montant précis applicable à votre situation doit être vérifié auprès d’un notaire ou d’un conseiller, ces montants pouvant évoluer d’une année sur l’autre.

Clause bénéficiaire (assurance-vie)

Clause du contrat d’assurance-vie qui désigne la ou les personnes destinées à recevoir le capital au décès de l’assuré. Elle peut désigner des personnes nommément (nom, prénom, date de naissance) ou par une formule générique (« mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, par parts égales entre eux »).

ExempleUne clause rédigée il y a vingt ans et jamais mise à jour peut désigner un ex-conjoint resté bénéficiaire malgré un divorce — un exemple fréquent des conséquences d’une clause non actualisée.

Démembrement de propriété (usufruit / nue-propriété)

Technique juridique qui sépare la pleine propriété d’un bien en deux droits distincts : l’usufruit (droit d’utiliser le bien ou d’en percevoir les revenus) et la nue-propriété (droit de disposer du bien, qui ne redevient pleine propriété qu’à l’extinction de l’usufruit, le plus souvent au décès de l’usufruitier).

ExempleDes parents donnent la nue-propriété de leur résidence secondaire à leurs enfants tout en s’en réservant l’usufruit : ils continuent à l’utiliser ou à la louer leur vie durant, et leurs enfants en deviendront pleins propriétaires à leur décès, sans nouveaux droits à acquitter à ce moment-là.

Réserve héréditaire

Part du patrimoine qui, en droit français, revient obligatoirement à certains héritiers (les héritiers dits « réservataires », principalement les enfants) et dont le défunt ne peut les priver, même par testament.

ExempleUn parent souhaitant favoriser l’un de ses enfants par testament ne peut pas le faire au point de priver ses autres enfants de leur part réservataire : la réserve héréditaire s’y oppose.

Quotité disponible

Part du patrimoine dont une personne peut librement disposer par donation ou testament, en dehors de la réserve héréditaire due à ses héritiers réservataires. Son étendue dépend du nombre d’enfants du défunt.

ExempleUne personne sans enfant dispose d’une quotité disponible plus large qu’une personne avec plusieurs enfants, et peut donc léguer une part plus importante de son patrimoine à la personne de son choix (un proche, une association, etc.).

Droits de succession

Impôt dû par chaque héritier sur la part nette qu’il reçoit dans une succession, après application de l’abattement propre à son lien de parenté avec le défunt, selon un barème progressif par tranches.

ExempleLe taux effectivement appliqué augmente avec la valeur transmise, dans des proportions qui diffèrent fortement selon que l’héritier est un enfant, un frère ou une sœur, ou une personne sans lien de parenté.

Donation-partage

Acte notarié par lequel une personne donne et répartit de son vivant tout ou partie de ses biens entre ses héritiers présomptifs (le plus souvent ses enfants). Sa particularité : la valeur des biens donnés est figée au jour de la donation, et non réévaluée au jour du décès du donateur.

ExempleDes parents réalisent une donation-partage entre leurs deux enfants, l’un recevant un bien immobilier, l’autre un portefeuille de valeurs mobilières de valeur équivalente au jour de la donation. Même si l’un des biens prend beaucoup plus de valeur par la suite, cet écart ne sera pas remis en cause au décès des parents, ce qui limite les conflits entre héritiers.

Pacte Dutreil (transmission d’entreprise)

Dispositif fiscal prévu par la loi permettant, sous conditions (engagements de conservation des titres et poursuite d’une fonction de direction), d’alléger significativement la fiscalité applicable à la transmission à titre gratuit (donation ou succession) de titres d’une société ayant une activité opérationnelle.

ExempleUn dirigeant préparant la transmission de son entreprise à ses enfants s’entoure d’un notaire et d’un conseiller pour vérifier que sa société et son organisation capitalistique remplissent bien les conditions du pacte Dutreil avant d’engager la transmission.

Assurance-vie hors succession (articles 990 I / 757 B du CGI)

Principe selon lequel le capital transmis via un contrat d’assurance-vie au décès de l’assuré ne fait pas partie de la succession civile et fiscale classique, mais relève d’un régime fiscal spécifique prévu par le Code général des impôts (article 990 I pour les versements avant 70 ans, article 757 B au-delà), distinct des droits de succession.

ExempleUn capital transmis par assurance-vie à un bénéficiaire ne s’ajoute pas à la masse successorale classique pour le calcul des droits de succession : il suit son propre régime fiscal, qui dépend notamment de l’âge de l’assuré au moment des versements.

Tontine (clause d’accroissement)

Clause pouvant être insérée dans un contrat d’acquisition en commun (souvent immobilier) prévoyant qu’au décès de l’un des acquéreurs, sa part revient automatiquement au survivant, qui est ainsi réputé avoir été seul propriétaire depuis l’origine — un mécanisme parfois utilisé entre concubins ou partenaires non mariés pour sécuriser le survivant.

ExempleDeux concubins achètent leur résidence avec une clause de tontine : au décès du premier, le second devient automatiquement seul propriétaire du bien, sans que les héritiers du défunt ne puissent y prétendre.

Mandat de protection future

Contrat par lequel une personne organise à l’avance sa propre protection (ou celle d’un proche), en désignant une ou plusieurs personnes chargées de la représenter le jour où elle ne serait plus en mesure de pourvoir seule à ses intérêts, en raison de l’altération de ses facultés personnelles.

ExempleUn dirigeant d’entreprise met en place un mandat de protection future désignant un proche pour gérer certains aspects de son patrimoine si son état de santé venait à ne plus le lui permettre, évitant ainsi le recours à une mesure judiciaire de protection.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. La fiscalité de la transmission et de la succession évolue régulièrement au gré des lois de finances : les principes exposés ici sont ceux généralement applicables à la date de publication, mais toute décision de transmission doit être précédée d’un entretien avec un notaire et un conseiller en gestion de patrimoine, seuls en mesure d’évaluer votre situation précise.

Une question sur votre transmission ?

Nos conseillers vous expliquent, avec des mots simples, comment ces notions s’appliquent à votre situation.

MP

Michel Pignalosa

Dirigeant — VESTA Prévoyance et Patrimoine

Conseiller en Gestion de Patrimoine, immatriculé à l’ORIAS sous le n° 24002125 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF, depuis le 26/04/2024) et de Courtier d’assurance ou de réassurance (COA, depuis le 22/03/2024).