Succession & Transmission
Donation de son vivant : pourquoi anticiper plutôt que subir les droits de succession
Donner de son vivant permet souvent d’alléger significativement la fiscalité globale d’une transmission, à condition de s’y prendre suffisamment tôt.
Beaucoup de familles n’envisagent la transmission de leur patrimoine qu’au moment du décès, par la succession. C’est pourtant l’option la moins souple et, dans bien des cas, la plus coûteuse fiscalement. La donation de son vivant offre une alternative : transmettre progressivement, en pleine conscience et avec un accompagnement adapté.
Le principe de la donation
Donner, c’est transmettre dès aujourd’hui la propriété (ou une partie de la propriété, via le démembrement) d’un bien à un proche, sans attendre son décès. Chaque bénéficiaire dispose, selon son lien de parenté avec le donateur, d’un abattement fiscal qui se renouvelle après un certain délai fixé par la loi. En pratique, cela signifie qu’un même donateur peut, en espaçant ses donations dans le temps, transmettre à un même bénéficiaire plusieurs fois cet abattement au cours de sa vie, sans jamais payer de droits sur les montants qui restent dans cette limite.
Pourquoi anticiper change tout
La fiscalité des droits de succession est progressive : plus la part transmise à un héritier est élevée, plus le taux appliqué à la tranche supérieure augmente. En répartissant la transmission dans le temps via des donations successives, on réduit la valeur transmise en une seule fois, et donc la tranche d’imposition atteinte à chaque opération — un mécanisme parfois appelé, de façon imagée, le « lissage » de la transmission.
Anticiper permet aussi d’accompagner ses proches au moment où ils en ont le plus besoin — financement des études, achat d’une résidence principale, création d’une entreprise — plutôt que de leur transmettre un capital des décennies plus tard, à un âge où le besoin est souvent moindre.
Les formes de donation à connaître
- Le don manuel, pour une somme d’argent ou un bien meuble, qui peut se faire sans acte notarié (mais doit être déclaré à l’administration fiscale) ;
- La donation notariée, obligatoire pour un bien immobilier ;
- La donation-partage, qui répartit et fige la valeur des biens entre plusieurs héritiers au jour de l’acte, limitant les débats de valorisation ultérieurs entre eux (voir notre glossaire) ;
- La donation avec réserve d’usufruit, qui combine donation et démembrement de propriété (voir notre article dédié).
Les points de vigilance
Donner est un acte irrévocable dans son principe : le donateur se dépossède définitivement du bien donné (sauf clauses particulières comme le droit de retour). Il convient donc de ne jamais donner au-delà de ce que l’on peut raisonnablement se permettre, en conservant les moyens de faire face à ses propres besoins futurs, notamment en cas de dépendance. C’est pourquoi une donation se prépare toujours avec un professionnel, qui évalue avec vous l’équilibre entre votre volonté de transmettre et votre propre sécurité patrimoniale.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. La fiscalité présentée est celle en vigueur à la date de publication et peut évoluer. Investir comporte des risques, dont la perte en capital.
Parlons de votre projet de donation
Nos conseillers vous aident à évaluer le bon rythme et la bonne forme de donation pour votre situation, en lien avec votre notaire.