Expertise

Contrats de capitalisation — l’assurance-vie sans la sortie de succession

MĂŞme fiscalitĂ© que l’assurance-vie en cours de vie, mais une seule enveloppe ouverte aux sociĂ©tĂ©s et pensĂ©e pour la transmission progressive.

Une enveloppe cousine de l’assurance-vie, avec une diffĂ©rence essentielle

Le contrat de capitalisation fonctionne exactement comme un contrat d’assurance-vie sur le plan financier : fonds euros, unitĂ©s de compte, mĂŞme fiscalitĂ© des rachats en cours de vie (abattement après 8 ans, prĂ©lèvement forfaitaire). Sa diffĂ©rence fondamentale se joue au dĂ©cès du souscripteur : contrairement Ă  l’assurance-vie, le contrat de capitalisation n’a pas de clause bĂ©nĂ©ficiaire et entre dans la succession classique — mais il continue d’exister sans ĂŞtre clĂ´turĂ©, et ses hĂ©ritiers conservent son antĂ©rioritĂ© fiscale (la durĂ©e de dĂ©tention ne repart pas Ă  zĂ©ro).

Sa seconde particularitĂ©, dĂ©cisive pour certains profils : contrairement Ă  l’assurance-vie, gĂ©nĂ©ralement rĂ©servĂ©e aux personnes physiques, le contrat de capitalisation peut ĂŞtre souscrit par une personne morale — une sociĂ©tĂ©, une holding patrimoniale, une SCI Ă  l’IS.

Notre approche — un outil de structuration patrimoniale, pas un doublon de l’assurance-vie

Nous ne prĂ©sentons jamais le contrat de capitalisation comme un simple substitut de l’assurance-vie : c’est un outil complĂ©mentaire, Ă  mobiliser pour des objectifs prĂ©cis. Pour un particulier, il permet de donner en dĂ©membrement (nue-propriĂ©tĂ©/usufruit) tout en conservant la capitalisation des revenus, un montage que l’assurance-vie ne permet pas aussi simplement. Pour un dirigeant, il permet Ă  sa holding patrimoniale de placer sa trĂ©sorerie excĂ©dentaire dans une enveloppe capitalisant Ă  l’IS, en complĂ©ment ou alternative des comptes-titres de la sociĂ©tĂ©.

Un outil pour prĂ©parer une donation. Parce qu’il n’est pas clĂ´turĂ© au dĂ©cès et que son antĂ©rioritĂ© fiscale se transmet, le contrat de capitalisation se prĂŞte particulièrement bien Ă  une donation avec rĂ©serve d’usufruit : le donateur conserve les revenus, le nu-propriĂ©taire rĂ©cupère la pleine propriĂ©tĂ© au terme sans perdre l’anciennetĂ© fiscale du contrat.

Deux profils typiques

Dirigeant avec une holding patrimoniale disposant de trésorerie excédentaire

Placement de la trĂ©sorerie de la holding sur un contrat de capitalisation, pour capitaliser les bĂ©nĂ©fices non distribuĂ©s Ă  un rythme fiscal maĂ®trisĂ©, en complĂ©ment de la gestion de la sociĂ©tĂ© d’exploitation.

Parent souhaitant transmettre progressivement Ă  ses enfants

Souscription d’un contrat de capitalisation, puis donation de la nue-propriĂ©tĂ© aux enfants avec rĂ©serve d’usufruit, pour transmettre tout en conservant les revenus et l’antĂ©rioritĂ© fiscale du contrat.

Points de vigilance

  • Contrairement Ă  l’assurance-vie, le contrat de capitalisation entre dans l’actif successoral au dĂ©cès — il ne bĂ©nĂ©ficie pas du cadre fiscal successoral spĂ©cifique de l’assurance-vie (article 990 I du CGI).
  • Les unitĂ©s de compte ne garantissent pas le capital : leur valeur Ă©volue avec les marchĂ©s financiers, Ă  la hausse comme Ă  la baisse.
  • Pour une personne morale, la fiscalitĂ© applicable est celle de l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s, distincte de la fiscalitĂ© des particuliers — Ă  intĂ©grer dans la stratĂ©gie globale de la structure.
  • Un rachat avant 8 ans est fiscalement moins avantageux qu’après, comme pour l’assurance-vie.

Questions fréquentes

Quelle est la vraie diffĂ©rence avec l’assurance-vie ?

Principalement le traitement au dĂ©cès : l’assurance-vie sort de la succession via sa clause bĂ©nĂ©ficiaire, avec un cadre fiscal dĂ©diĂ©. Le contrat de capitalisation entre dans la succession classique, mais n’est pas clĂ´turĂ© et conserve son antĂ©rioritĂ© fiscale pour les hĂ©ritiers. Par exemple, un contrat de capitalisation ouvert depuis 10 ans et transmis Ă  un hĂ©ritier conserve cette antĂ©rioritĂ© de 10 ans : un rachat ultĂ©rieur par l’hĂ©ritier peut alors bĂ©nĂ©ficier de l’abattement applicable après 8 ans, sans attendre de nouveau ce dĂ©lai — l’imposition successorale du contrat suivant, elle, les droits de succession classiques selon le lien de parentĂ©.

Une sociĂ©tĂ© peut-elle vraiment souscrire un contrat de capitalisation ?

Oui, c’est l’un des rares supports d’Ă©pargne financière accessibles aux personnes morales (sociĂ©tĂ©s, holdings), avec une fiscalitĂ© soumise Ă  l’IS plutĂ´t qu’Ă  l’IR. Ă€ titre d’exemple, une holding plaçant 100 000 â‚¬ de trĂ©sorerie excĂ©dentaire qui gĂ©nère 3 000 â‚¬ de produits financiers sur l’annĂ©e verrait, selon les règles de calcul propres Ă  l’IS, une partie de ce gain imposĂ©e dès la clĂ´ture de l’exercice — un ordre de grandeur illustratif, la fiscalitĂ© effective dĂ©pendant du rĂ©gime d’imposition de la sociĂ©tĂ© et de la nature des supports dĂ©tenus.

Peut-on transformer un contrat de capitalisation en assurance-vie ?

Non, ce sont deux enveloppes juridiquement distinctes. En revanche, il est possible de détenir les deux en parallèle, chacune répondant à un objectif différent de votre stratégie patrimoniale.

Quels sont vos frais sur un contrat de capitalisation ?

Nous percevons une commission de l’assureur teneur du contrat, dans le cadre de notre statut de courtier en assurance (COA). Elle vous est intĂ©gralement communiquĂ©e avant toute souscription.

Simulateur — Projection de votre contrat de capitalisation

Comparez la projection selon que le contrat est détenu par une personne physique ou une personne morale soumise à l’IS.

Projection indicative

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Capital estimé à terme
Total versé—
Gain estimé—
Personne physique : même fiscalité que l’assurance-vie après 8 ans (abattement puis PFU 24,7 %), mais sans exonération de droits de succession — le contrat entre dans l’actif successoral.

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